Toute Crue
21/06/2012
Mon appartement
Mon premier vrai appartement
j'ai 23 ans
Il est vide, la porte de la cuisine est posée sur des livres
pour faire une table,
et le matelas dans ma chambre est posé par terre
avec une télé dans un coin
Ma chambre est peinte en noir laqué, avec de la moquette blanche
on dirait un décor d'un film des années 70
comme si Victor Lanoux allait arriver dans la pièce
avec un verre de scotch à la main
Cet appartement est situé en plein sur la place des Ternes
et je l'adore, malgré les 7 étages à monter
C'est mon premier VRAI appartement
j'y vis seule, personne d'autre que moi n'en a la clé
Comment vivre, comment se lever, comment passer la soirée
je ne sais pas
Il n'y a rien à boire
rien à manger
rien à dire
J'ai l'impression de ne rien comprendre aux choses et aux autres
d'être en improvisation permanente
Combien de temps ça dure, de ne rien comprendre ?
ça dure longtemps, ça dure très longtemps de ne rien comprendre
Alors je vais au cinéma le soir
je remonte l’avenue des Champs – Elysées
les arbres ont perdu leurs feuilles
il pleut et toutes les vitrines sont illuminées
Je marche seule dans la nuit au milieu des feuilles qui tourbillonnent,
personne ne me regarde
et pourtant il y a du monde partout
Je rentre chez moi
frigo vide
placards vides
lit vide
tête vide
Puis je me couche en regardant une VHS d'un vieux film
et je m'endors devant
tard dans la nuit.
18/06/2012
L'homme et son chien
C'est un homme aux cheveux longs dans le cou,
il a toujours un foulard qui flotte sur ses épaules
et un pardessus léger ou chaud selon la saison
Il a une quarantaine d'années, de taille moyenne,
et le visage assez fin
A chaque fois que je regarde par ma fenêtre, je le vois passer,
comme une scène de cinéma bien réglée et répétée mille fois,
comme si un metteur en scène invisible lui donnait un top départ,
de passer sous mes fenêtre à chaque fois que je m'y penche
L'homme marche à pas réguliers, et tient son chien en laisse,
un gros chien à la robe noire zébrée de rousseurs floues
pelage ras, museau dédaigneux
Il tient son chien par une laisse courte, et le chien marche en roulant des hanches,
athlète musclé, machine parfaite de l'animal bien traité
Je les vois plusieurs fois par jour, et souvent je les croise aussi dans la rue
parfois au café
à la boulangerie
ensemble, toujours ensemble,
jamais une femme avec eux
toujours tous les deux
Le chien s'appelle Diablo
et il aime les caresses
Souvent, je le caresse et il se laisse faire
sans dire un mot, sans bouger,
à côté de son maître,
silencieux, tranquille et souple
Puis ils repartent comme ils sont arrivés
je les reverrai demain, ou peut-être tout à l'heure,
par la fenêtre,
sur le trottoir d'en face
ou marchant dans ma direction.
il a toujours un foulard qui flotte sur ses épaules
et un pardessus léger ou chaud selon la saison
Il a une quarantaine d'années, de taille moyenne,
et le visage assez fin
A chaque fois que je regarde par ma fenêtre, je le vois passer,
comme une scène de cinéma bien réglée et répétée mille fois,
comme si un metteur en scène invisible lui donnait un top départ,
de passer sous mes fenêtre à chaque fois que je m'y penche
L'homme marche à pas réguliers, et tient son chien en laisse,
un gros chien à la robe noire zébrée de rousseurs floues
pelage ras, museau dédaigneux
Il tient son chien par une laisse courte, et le chien marche en roulant des hanches,
athlète musclé, machine parfaite de l'animal bien traité
Je les vois plusieurs fois par jour, et souvent je les croise aussi dans la rue
parfois au café
à la boulangerie
ensemble, toujours ensemble,
jamais une femme avec eux
toujours tous les deux
Le chien s'appelle Diablo
et il aime les caresses
Souvent, je le caresse et il se laisse faire
sans dire un mot, sans bouger,
à côté de son maître,
silencieux, tranquille et souple
Puis ils repartent comme ils sont arrivés
je les reverrai demain, ou peut-être tout à l'heure,
par la fenêtre,
sur le trottoir d'en face
ou marchant dans ma direction.
13/06/2012
Comme un train
Parce que les mots....
les mots me manquent.
Je parle peu ou trop, je ne comprends pas toujours ce que j'entends,je m'interroge.
Toujours cette même question qui revient, depuis combien de temps déjà qu'elle revient comme ça,
comme un derviche
une toupie
une flèche
une angoisse dans la nuit
Depuis combien de temps
depuis trop longtemps
Question d'existence, de place,de profondeur de lame
Où se mettre
où se coucher, faire son lit, son trou
où aller ensuite pour oublier tout ça
la vie, la nôtre, la mienne
qui passe aussi rapide qu'un train
qui passe,
et qui nous roule sur le corps
les mots me manquent.
Je parle peu ou trop, je ne comprends pas toujours ce que j'entends,je m'interroge.
Toujours cette même question qui revient, depuis combien de temps déjà qu'elle revient comme ça,
comme un derviche
une toupie
une flèche
une angoisse dans la nuit
Depuis combien de temps
depuis trop longtemps
Question d'existence, de place,de profondeur de lame
Où se mettre
où se coucher, faire son lit, son trou
où aller ensuite pour oublier tout ça
la vie, la nôtre, la mienne
qui passe aussi rapide qu'un train
qui passe,
et qui nous roule sur le corps
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