04/09/2015

Même une nuit

Un soir
c'est le dernier soir que tu passes chez toi

Tu ne le sais pas encore
quand tu pars,
mais cette maison, cette organisation de meubles, de linge,
de photos accrochées au mur,
de disques et de livres
non, tu ne la reverras plus

En tout cas
plus jamais comme ça
dans ce lieu là,
avec cette personne là

Un soir, tu te couches

A quoi penses tu ?

Comme à l'habitude,
tu as ouvert les draps et tu t'es couchée dans le lit,
à côté de celui avec qui tu vis

Peut-être as-tu regardé un film à la télé
peut-être as-tu lu dans le canapé
ou peut-être as-tu simplement mis la cuisine en ordre

Tu ne sais pas,
tu ne te souviens pas

Le lendemain, vers les 14 heures
ce samedi de mai
le lendemain
tu es dehors,
avec un sac à l'épaule

Tu es dans la rue
tu marches,
tu es sonnée,
tu marches et tu ne sais pas où tu vas

L'euphorie se mélange à une grande angoisse
une grande solitude
car tu ne sais absolument pas ce que tu vas devenir,
ce que tu vas faire

En attendant,
tu es partie
et tu ne sais pas encore que tu ne reviendras plus jamais
même une nuit,
même une journée,
dans cet endroit où tu as vécu des années.







2 commentaires:

Antoine Jalaber a dit…

c'est beau et triste, et en même temps je trouve l'écriture très sage.

j'aime ce blog et tes textes Antoine

Anonyme a dit…

c'est si beau à lire... et lire c'est un si grand plaisir...
Daniel