14/12/2014

ich bin

je suis une ville bombardée
détruite

un quartier isolé, un dimanche d'hiver
où les papiers sous un vent violent
s'envolent dans les avenues
les gens y passent brutalement en rabattant leurs manteaux sur leurs jambes

je suis une mer sombre
les rochers, les écueils abîment les coques des bateaux
et parfois font couler une barque

je suis un lit, des draps presque propres
je suis un matelas à ressort
une fenêtre aux vitres dégueulasses

je suis un chat hargneux
une meurtrière dangereuse
une petite fille sous la couette qui grelotte

je suis une bagnole profilée aux ailes froissées
un étang où l'eau stagne et pue
une amanite phalloïde
un hot-dog huileux avalé au coin d'une rue

je suis un thé délicat
une énorme bite
une lampe allumée à 4 heures du matin

je suis des pieds tordus
des seins pâles aux mamelons tranchés
des mains aux ongles sans verni

je suis une griffe
un rein
un Kleenex trempé de larmes et de morve

je suis une épice amère
une langue affamée
une pute

je suis un vent furieux
une pluie torrentielle
et même un soleil de plomb

je suis immortelle
jamais je ne serai vieille
jamais je ne serai usée

jamais je ne mourrai










6 commentaires:

Sans queue ni tête a dit…

Si c'est comme ça le 14, ça promet pour le 25.

Molynier a dit…

J'adore....

Anonyme a dit…

Ich bin anonyme ! Et content d'accoster sur ce rivage ! Chère J, j'aime beaucoup ce que vous faites depuis le début. Continuez. Biz. E.

Bifane a dit…

C'est être la vie, sans ses masques de bienséance, sans sa morale à deux balles... La vie... toute crue...

Anonyme a dit…

toujours bien Valentine je t'ai ratée en Normandie dommage.....
BISES ANNE du Nord

Livio* a dit…

Chère Jil...Bioutifull poetry ..Souvenir d'une furtive rencontre aux Halles dans les années 90 avec JP Nataf et un ami chanteur...Love unlimited....