samedi 31 janvier 2009

la fureur de....

lire lire lire
jamais je ne m'en lasserai
il faut, je DOIS lire
c'est comme manger et boire
c'est vital urgent
quand je lis j'oublie tout
je disparais dans le livre
le temps n'existe plus

ne pas lire
c'est incompréhensible
je regarde autours de moi
les enfants les ados
les adultes
la plupart se tient loin de la lecture
imperméable à la magie des mots

je les plains
je suis triste pour eux
de ne pas sentir cette joie
cette fièvre des mots , du verbe, du génie qui emporte
et transcende
et nous élève

oui je suis triste pour eux
comme les gens qui me disent
qu'ils n'ont jamais vécu d'histoire d'amour
ils vivent en couple parfois, mais ignorent ce grand retournement des sens

vivre heureux, malheureux
mais SENTIR les choses
s'en pénétrer quitte à s'en évanouir
quitte à en mourir
mais VIVRE aux coeur des sentiments
des émotions

vivre les choses c'est comprendre les autres
c'est se rapprocher d'eux
et c'est devenir meilleur, peut-être....

lundi 26 janvier 2009

liberto tango

c'est absolument incompréhensible
ce mouvement intérieur
qui ressemblerait à la mer, aux vagues
qui me fait tanguer
rouler descendre et monter

ce mouvement de je sais pas quoi
du coeur, de l'âme?
qui m'entraîne au large
heureuse
visage au soleil
bras nus et cheveux au vent
et qui me fait revenir
hors d'haleine
anxieuse, presque noyée
les pieds et les jambes paralysés

oui c'est extraordinaire
je rentre chez moi, le sourire aux lèvres
et puis l'humeur pâlit
elle se rétrécit
et je vais me coucher toute chose
dans un silence fade
à l'intérieur

je me lève parfois
étranglée par des mains invisibles
marquée par le doigt du destin, banal

je me lève parfois
grandie de joie et de rire
de liberté et de tout est possible
je danse pieds nus
je chante à tue- tête ultra fort toute nue dans le salon
et puis peu à peu
le bancal revient
comme une vague
comme la mer
et son mouvement perpétuel

mercredi 7 janvier 2009

la reine des baffes

j'avais des cheveux mi-longs, tout fins, tout raides,
ma mère le matin me faisait deux tresses
qu'elle accrochait au dessus de ma tête
en couronne
fixées avec des barrettes dorées

souvent, la maîtresse passait dans les rangs
pour voir ce qu'on écrivait quand elle donnait une interro
une femme forte, au sang vif
avec une voix de rogomme
son autorité me glaçait

lorsqu'elle passait dans les rangs pour surveiller nos copies
je me recroquevillais
et ça ne manquait jamais

dès qu'elle voyait une faute, une erreur
elle ne pouvait s'en empêcher,
du plat de sa main
elle me donnait une beigne sur le haut du crâne
et je sentais les barrettes dorées
s'enfoncer dans la peau

un jour, maman me fait des tresses
et je lui dis: "maman, je veux plus que tu me fasses une couronne
parce que quand madame Delfosse me donne une claque sur la tête
a me fait trop mal avec les barrettes"

du coup, me mère ne me fait plus de tresses
et madame Delfosse continue à me foutre des beignes...


lundi 5 janvier 2009

discipline

faudrait être heureux pour rien
comme ça
juste parce qu'on respire
juste parce qu'il neige

heureux pour rien
il y en a qui y arrive, des bonnes natures
des joviaux et amicaux
ni simples d'esprit, ni benêt
juste joyeux, d'humeur gaie

heureux, est -ce un mot trop fort

si heureux n'était juste pas être malheureux
pas souffrir de tout
se faire des nœuds dans la tête
si le bonheur était un peu d'optimisme

rabattre son caquet de prétentions contrariées
éloigner l'inquiétude, l'angoisse, les sueurs froides

ce serait bien si on y arrivait
mais il faut des aptitudes

je les avais, et puis, et puis....

j'essaye, je vais essayer
de dompter le cheval qui hennit
le tigre qui rugit
le chat qui griffe

je vais essayer
encore une fois
de me discipliner.