lundi 30 mars 2009

éventail

tout le monde s'en fout
tout le monde se fout de tout

quand parfois je reste seule et que je le regarde partir
c'est un abandon
je reste bébé sans mère
enfant sans regard
girouette sans direction

longues minutes dans le corps
à se chercher un but
une aiguille où se raccrocher

derrière les carreaux
je regarde le temps qu'il fait
je suis les nuages des yeux
endolorie,
étouffée de ce que je comprends à peine,
cette vague sombre qui me recouvre
comme un drap

je pourrais m'enterrer des heures
visage neutre
à la table du salon
m'allonger sur la moquette
et toucher du doigt un morceau de tapis recourbé
rester ainsi
entre la mort et la vie
un insecte

puis une idée vient et tourne
elle devient le centre
alors je me lève
et je la laisse déplier son éventail,
je revient à la vie
rendue au mouvement, au geste,

je suis revenue.

6 commentaires:

pumba a dit…

Le rêve...Vous, votre univers, onirique et spirituel...Je l'aime. Merci pour votre poésie...Bien à vous.

toutaubord a dit…

gaga mais élégante. Amitiés

Cornélius Za a dit…

Tout le monde... Mais pas la terre entière.
"Jolie plume".
Un Singe.

Anonyme a dit…

Un recueil ?

J'adorerais les relire

reliés

ou pas

mais juste pour moi

dans le creux de mon sac

allongée dans un parc

calée dans mon lit

please...

courez chez un éditeur


Paula Red

Bifane a dit…

Me fait songer à quelques mots fredonnés : "Voir les trains s'éloigner..."...
Comme ça se creuse, parfois, le vide laissé de ceux qui vont. Mais celui-ci m'évoque ces départs définitifs, comme si c'était de l'essentiel de soi qui s'en était allé...

Sabine alias Sab la challandaise a dit…

Un temps de silence dans ce monde de fou ! Ou tout le monde court, crie... Ce silence ou l'on se pose, que l'on ressent la vie en nos corps. On la ressent d'abord allourdie par le bruit qui l'entoure mais tellement fragile pourtant.

BISES
SABINE